mercredi 6 février 2008

Quand on va voir Sweeney Todd

Ils chantent. Dès les premières minutes ils chantent. Que ceux qui n'aiment pas les comédies musicales passent leur chemin ! Quoiqu'une comédie musicale réalisée par Tim Burton est toujours à reconsidérer.


Mr Todd (ou Mr T.) fait partie de ces gens qui reviennent pour la vengeance pure et dure, à l'instar d'un Comte de Monté Christo. On peut le comprendre : envoyé en prison pour rien, un vil juge lui a enlevé sa femme, sa fille. Un motif suffisant pour être passablement assoiffé de vengeance. En retournant chez lui après 15 ans d'absence, il rencontre Mrs Lovett, qui a transformé sa maison en boutique de tourtes. Les plans de vengeance se montent alors, à deux, en parallèle d'un commerce plus que douteux...

Pour ses retrouvailles avec un univers qui lui est familier, Burton s'est basé sur une comédie musicale déjà existante : Sweeney Todd, the demon barber of Fleet Street. Avec, chose qui est déroutante pour les fans de Burton, un compositeur qui n'est pas Danny Elfman, son inséparable accolyte, mais Stephen Sondheim, le compositeur de la musique de la comédie musicale originale. Forcément, avec tout ça, un scénario qui n'est pas de lui, et une musique qui n'est pas signée Elfman, certains peuvent se sentir perdus. Mais l'univers reste familier. Gris, plein de blancs très lumineux, et de gris très... grisés, avec une photo particulièrement réussie. Il aurait même fait ternir directement les décors pour que les comédiens appréhendent mieux le contexte du film. Et parfois, ces moments saturés, rêvés, imaginés, ou simplement remémorés. La couleur qui jaillit brusquement. Car la seule couleur qui n'est pas désaturée dans cet univers grisé, c'est celle du sang. Le fameux rouge de l'affiche. Présent. Omniprésent même. Mais ludique, un peu comme celui des films d'autrefois, jaillissant, tel de la sauce tomate, de gorges tranchées.

Ne vous effrayez pas de la violence ici. Prise avec un peu de recul, elle est très esthétique, chorégraphiée, et visuelle. Ce n'est pas celle de No country for old men, froide et détachée. Cependant, on peut faire un rapprochement entre le personnage joué par Javier Bardem dans le film des frères Coen, et celui de Johnny Depp dans le film de Burton : cette croyance à la destinée, à l'inéluctable, qui va plonger le monde dans le chaos.

Un film à voir en somme, à savourer comme ces bonbons qui piquent quand on les met sur la langue : un peu piquants et dérangeants, mais c'est justement pour ça qu'on en mange non?

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Je n'ai pas du tout aimé le film mais j'aime beaucoup ta critique.

djelly

doc a dit…

Mwé...
J'hésite encore plus à le voir du coup.

Nan parce que No country for old men m'est un peu resté en travers de la gorge, donc on va 'tet' pas non plus s'étouffer volontairement avec des bonbons piquant hein...

Banancosmic a dit…

Djelly > Ah bon pas du tout à ce point là? En même temps paraît qu'avec ce film c'est tout l'un ou tout l'autre...

Doc > Garde quand meme un moment pour le voir un peu plus tard, parce que, je trouve qu'il vaut vraiment le coup d'être vu, quitte à ne pas aimer. Oui je sais c'est paradoxal, mais y'a des films comme ça, même si on ne les aime pas, je trouve que c'est bien de les avoir vus.

doc a dit…

Ok.