mardi 9 septembre 2008

Un mardi soir à Paris

Il y a des soirs comme ça. Où la surprise est au rendez-vous. Elle va de pair avec des choses prévues, qui se décalent, joliment.

Comme un souffle de vent sur un pissenlit. Comme un souffle de vent sur les idées toutes faites et les choses trop carrées.

Pourtant il suffit de très peu.

Un coup de fil que je suis sur le point de passer à mon amie C., avec qui je dois aller au cinéma. Et qui, au moment où je m'apprête à appuyer sur la touche verte, est en train de m'appeler ! Connexion astrale...

Se retrouver dans la rue, comme prévu cette fois, pour un goûter improvisé chez Ladurée. Ah. Il y a la queue. Ben, on n'a qu'à aller chez Angelina, on prendra un bon chocolat chaud!

Rue de Rivoli, un WHSmith. On a ça à Paris ? On va y faire un tour ? Trouver un Henry James à lire en VO s'il-vous-plaît.

Angelina. Un goûter gargantuesque. Pas de Mont-Blanc mais un très bon millefeuille. Et le chocolat avec sa chantilly à part. Et ce maître d'hôtel insupportable. Et cette serveuse si gentille qui tente de nous faire oublier que son supérieur direct est un vrai connard. Et j'écris des gros mots si je veux. D'ailleurs, je sais être sympathique pour les serveurs, je sais ce que c'est d'en être, mais je suis désolée, un sourire et un peu d'amabilité, sans ça, mon verdict est sans appel.

Et puis aller au ciné, il est l'heure. Après s'être faites virer de chez Angelina parce que "ça ferme"... grrr. Ils abusent, heureusement que l'endroit est beau et que c'est bon.

Arriver, prendre le billet, puis profiter un peu du quai de Seine avant la séance. Discuter. Regarder le courant du canal. Léger. La séance va commencer. Se lever. Y aller. Et chercher le billet désespérément. Je ne l'ai plus ? Mais je l'avais mis dans ma poche pourtant ! Il a disparu. Ni dans cette poche, ni dans une autre, dans mon sac, mon portefeuille. Rien. Comment faire ? Je suis vraiment désolé, mademoiselle, il me faut votre billet, c'est la seule chose dont j'ai besoin. Et la machine qui ne veut pas m'en donner un deuxième. Je ne suis pas une resquilleuse je veux juste aller voir le film avec mon amie. Et C. qui se propose d'aller jeter un coup d'oeil près du canal, là où on était assises, au cas où. Oui je veux bien, merci beaucoup. Je continue de chercher. Toujours rien. Et la voilà qui revient en courant. Léa Léa ! Regarde ! Je l'ai retrouvé dans l'eau ! Le type de l'accueil se marre, c'est sans doute la première fois qu'il voit ça, et moi, j'essaie d'imaginer C. allant à la pêche de mon billet. Rire. C'est si bon ! Et c'est bien mon billet. L'idée m'avait effleurée qu'il ait pu tomber à l'eau, mais de là à se réaliser...

Puis le film.

Et en rentrant, à côté de chez moi, donner cette demi-tablette de chocolat qui traînait dans mon sac à une dame qui faisait la manche et avait faim. Ce petit geste m'a à moitié donné mauvaise conscience, j'aurais pu faire plus, mais au moins, elle pourra profiter du goût du chocolat. Si doux.

2 commentaires:

doc a dit…

Très bon le coup du billet dans l'eau :D

Et enfin un peu de poésie de retour, ça manquait un petit peu ;)

Banancosmic a dit…

Doc > Je sais, on a entendu, avec C. que ça pouvait nous arriver qu'à nous... Et j'aime à croire que c'est vrai, sinon elles seraient où mes anecdotes?
Et puis oui, on essaie d'être un peu plus poétique, ou un peu plus pompette, dépend des moments.